Retour sur le premier match d'Ighil Ali Meziane contre le Mouloudia d'Alger

C'était au cours de la saison 1972/73. pour le compte de la 9ème journée du championnat national, dans le fameux stade du 5 juillet inauguré depuis, à peine, quelques mois.

Meziane jouait encore en catégorie juniors. Il venait de gagner sa place chez les seniors suite à la blessure de l''arrière gauche, Sebaoun. Le longiligne défenseur sut saisir sa chance et finit par s'imposer au point que le titulaire du poste n'arrivait plus à reprendre sa place dans le onze titulaire.

A la veille du match opposant le NAHD au Mouloudia d'Alger, Ighil qui venait de disputer 5 matchs en seniors n'était pas sûr de se voir aligner contre le doyen. Durant toute la semaine précédant le match, le fidèle supporteur mouloudéen que j'étais je n'arrêtais pas de taquiner mon camarade de classe au Lycée Et-Tahaalibya d'Hussein-Dey. Nous étions en classe de seconde (l'équivalent de l'actuelle 1ère année secondaire). Sur le ton de la plaisanterie, je lui conseillait de simuler une blessure pour éviter les dribbles déroutants du virevoltant Omar Betrouni qu'il devait marquer de près. Je lui conseillais, aussi, de se faire confectionner un short en bâche pour résister aux petits ponts de l'ailier algérois. Toute une semaine durant, je menais la vie dure à mon ami Meziane.

 

Le jour du match, du haut des tribunes supérieures du stade du 5 juillet j'avais les yeux rivés sur le duel qui opposait mon joueur préféré du Mouloudia, Omar Betrouni, à mon ami et camarade de classe Ighil Ali Meziane. Un duel palpitant qui commençait au profit du jeune défenseur nahdiste qui s'empara de la première balle adressée à son adversaire. Une balle aérienne chipée de la tête par l'imposant Ighil qui dépassait Betrouni de plusieurs centimètres. L'attaquant mouloudéen demanda, alors, à ce qu'on joue balle à terre. A ce jeu là, Meziane subissait un véritable supplice dont un dribble qui le sortait du terrain et un autre le laissa planté comme il me l'avait dit le lendemain du match "sammerni, ya kho" (il m'a cloué).

Toutefois, face au talentueux Omar Betrouni, le meilleur ailier droit de sa génération, Ighil qui faisait son apprentissage dans la haute compétition avait bien tiré son épingle du jeu. Ce jour là, le derby MCA-NAHD fut tout simplement un match d'anthologie. Il se termina sur le score de 3 buts partout. A quelques minutes de la fin le Mouloudia était mené 1-3. Le défunt Aïssa Draoui avait réussi à réduire la marque avant d'égaliser. Rappelons que le Mouloudia avait ouvert le score dès les premières minutes par l'inénarrable Hacène Tahir.  Saïd Ouchène avait encaissé  en 90 mn la totalité des buts encaissés durant les 9 premières journées du championnat.

Le lendemain du match, Meziane me taquinait à son tour en me lançant "wach rak tad'hak men 3ainik" (tu ris des yeux) façon de me dire tu dois être content d'avoir échappé à la défaite.


Alors qu'il était encore junior, Ighil s'imposa non seulement comme titulaire au NAHD, son club formateur, mais aussi en Equipe Nationale. Je me rappelle de ce dilemme qui l'avait tracassé durant toute une semaine pour avoir reçu deux convocations en sélections nationales. L'une chez les juniors et l'autre chez les seniors. Ces derniers devaient rencontrer le Brésil et son armada de champions du monde de 1970. Je n'oublierai jamais ce que m'avait dit Meziane, à cette époque en l'interrogeant s'il n'avait pas peur de la mission de museler le terrible ailier droit brésilien Jaïrzinho. " Non, je n'ai pas peur du tout parce que si je joue ça sera le match de ma vie" . Par la grâce de Dieu et de son talent, Ighil avait joué les 90 mn entières contre les champions du monde. Et malgré la défaite des Algériens 0-2, il avait réussi une grande performance contre Jaïrzinhio.


Le destin a voulu que 42 ans après avoir accroché le Mouloudia (3-3) pour son premier match chez les seniors, Ighil est aux commandes de la barre technique du doyen des clubs algériens pour affronter, une semaine après son investiture, son club formateur.

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Omar Betrouni, le virevoltant ailier droit du Mouloudia d'Alger, était le plus redoutable adversaire du husseindéen. C'est son frère Achour qui est aux commandes du Mouloudia, aujourd'hui, qui a confié à Meziane la barre technique du doyen. Achour Betrouni, était aussi, mon camarade de classe en terminale au lycée El-Idrissi d'Alger en compagnie de l'autre virtuose de la balle ronde Mustapha Kouici

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